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                  Chapitre 1 : Les Concepts Objets de la Méthode COSYf
                  Chapitre 2 : La Modélisation de Documents Multimédias
                  Chapitre 3 : La Modelisation d'Hyperdocuments Multimédias Educatifs
                  Chapitre 4 : La Démarche
 

Chapitre 4


La Démarche

1. Le Modèle Organisationnel et Architectural

2. La Présentation Générale de la Démarche

2.1 La Présentation du Niveau Global

2.2 La Présentation du Niveau Local

3. Les Phases de l'Etape Globale

3.1 Phase 1 : Enumération des Objets

3.2 Phase 2 : Etude Générale des Classes

3.3 Phase 3 : Etude Détaillée des Classes

3.4 Phase 4 : Définition des Instances

3.5 Phase 5 : Validation

4. Conclusion

 

 

Dans le cadre de ce chapitre, nous nous intéressons à la démarche proposée dans COSYf. Nous rappelons que la démarche est le processus opératoire grâce auquel s'effectue le travail de modélisation, de description et d'évaluation du système de formation multimédia.

Mais auparavant, nous exposons le modèle organisationnel et architectural de la méthode COSYf. En effet, nous considérons que la réussite de tout système de formation passe par la prise en compte de ces aspects organisationnels. Malgré l'importance de ces aspects dans l'étape d'analyse, ils nous apparaissent suffisamment importants pour être repris dans l'étape de conception. En effet, ce modèle va permettre de préciser :

- les choix techniques lors de l'étape d'implantation,

- les choix organisationnels lors de la mise en service du système de formation multimédia.

De plus, la validation de l'étape de conception va permettre également de valider et de vérifier l'intégration et la cohérence des aspects organisationnels et architecturaux. Bien qu'il nous apparaisse important d'intégrer ce modèle à l'étape de conception d'un système de formation multimédia, seul le concepteur peut juger, en fonction du cahier des charges issu de l'étape d'analyse, de la pertinence de l'intégration d'un tel modèle.

Lorsque nous parlons de concepteur, cela indique en fait toute une équipe chargée de la conception avec des participants ayant différentes compétences. Nous reviendrons sur les compétences nécessaires à mettre en oeuvre lors de la conception d'un système de formation multimédia dans la conclusion lors de la spécification d'un Atelier de Génie Didactique Multimédia (cf. Conclusion, § 2.1).

1. Le modele organisationnel et architectural

La conception de systèmes de formation multimédia au sein de tout organisme de formation suppose au-préalable une modélisation des organisations mais également des aspects architecturaux. En effet, force est de constater le peu d'intérêt qu'apportent des systèmes de formation développés sans aucune contrainte organisationnelle, c'est-à-dire avec un niveau d'intégration quasi-nul dans les plans de formation. De plus, il ne suffit pas qu'un système de formation soit réussi sur le plan pédagogique pour garantir une formation efficace. La réussite d'une formation va dépendre de la mise en oeuvre du système de formation et surtout des modalités d'organisation de la formation.

L'étape d'analyse a permis de définir les objectifs des organisations qui sont appréhendés dans notre contexte comme des systèmes virtuels. Ces objectifs conduisent à

- définir les frontières du système,

- identifier le système dans son univers,

- l'isoler pour les besoins de l'étude,

- déterminer à la fois son environnement et ses composants.

A partir de cette étape d'analyse notre modèle organisationnel et architectural propose un certain nombre de classes de base qui sont :

- la classe Entité qui définit la participation d'entités économiques et politiques au sein de la formation ;

- la classe Rôle qui définit le rôle de personnes exerçant des fonctions spécifiques au sein d'entités liées à la formation ;

- la classe Lieu qui définit les différents lieux liés au système de formation multimédia tels les lieux de formation ;

- la classe Ressource Informatique qui définit les différents équipements apprenants et serveurs de données ;

- la classe Télécommunication qui définit les ressources de télécommunications utilisées entre les différents lieux et entre les différentes ressources informatiques. Ces ressources sont indispensables à la conception de systèmes de formation à distance (visioformation, etc.).

A partir de ces classes de base, notre modèle propose une classe composite permettant de simplifier et de synthétiser la conception des aspects organisationnels et architecturaux :

- une entité de formation peut être dispersée sur différents lieux ;

- à chaque lieu sont associées des ressources informatiques et de télécommunications ;

- à chaque lieu sont associés différents acteurs.

Cette classe composite est la classe Entité de Formation (cf. Figure II.4.1). Elle a comme classes composantes des classes Lieu correspondant aux centres formation, des classes Rôle, des classes Ressource Informatique et des classes Télécommunications. Chaque système de formation multimédia peut nécessiter soit d'autres classes composites, soit des classes composites spécialisées de la classe Entité de Formation.

 

Figure II.4.1 : Diagramme des liens de composition de la classe Entité de Formation

 

Un exemple d'utilisation d'une telle classe est mise en oeuvre dans la partie III de cette thèse. La démarche associé au modèle organisationnel et architectural est identique aux autres modèles de la méthode COSYf.

2. La Présentation generale de la demarche

Nous définissons une démarche en deux niveaux d'abstraction qui sont :

- un niveau global qui détermine l'étendue (analyse, conception, etc.) et la forme (cascade, spirale, etc.) du cycle de vie de la méthode ;

- un niveau local qui permet, pour chaque étape du cycle de vie, de déterminer les phases nécessaires à la construction des modèles à l'aide des formalismes associés, ainsi que l'approche utilisée.

Le niveau local est un niveau d'instanciation de modèles, alors que le niveau global permet de gérer l'enchaînement de ces instanciations de modèles.

2.1 La Présentation du Niveau Global

En ce qui concerne la démarche au niveau global, la méthode COSYf commence à la fin de l'étape d'analyse, au moment de la spécification des classes, et se termine au début de l'étape d'implantation. Concrètement, l'étape de conception peut démarrer dès que le modèle d'analyse du système de formation multimédia à concevoir est défini, même de manière incomplète. Notre méthode ne prend donc pas en compte les aspects liés aux spécificités techniques (qui sont pris en charge durant l'étape d'implantation).

Nous avons adopté une démarche systémique dans le sens où :

- la représentation des informations doit assurer la pertinence des données ;

- le système est finalisé : c'est l'identification des finalités des objets qui permet d'en comprendre le comportement ;

- le système est considéré comme une partie d'un plus grand tout, et est conçu en tant que tout ;

- il est impossible d'avoir une connaissance exhaustive des systèmes. De ce fait, la complexité est limitée par l'agrégation ou la sélection.

Notre démarche, qui débute donc à la fin de cette étape d'analyse, concerne l'étape de conception. L'étape d'analyse doit, au-préalable, avoir été validée par le rédacteur du cahier des charges intial. L'objectif de cette étape de conception est de fournir un dossier de conception contenant toute la documentation du système de formation multimédia à concevoir. Cette documentation est constituée principalement des formalismes graphiques et textuels des différentes classes et instances ainsi que des explications en langage naturel. Ce dossier de conception est ensuite exploité par l'équipe chargé de l'implantation du système de formation multimédia.

Cette étape de conception est divisée en différentes phases organisées selon le modèle en fontaine introduit par [Henderson, 90] (cf. Figure II.4.2). Ce modèle est caractérisé par :

- le passage d'une phase à l'autre n'implique pas d'avoir préalablement terminé l'étape précédente ;

- la modification d'une des phases d'un niveau inférieur implique de repasser par toutes les phases qui lui sont supérieures ;

- la création d'un nouvel objet ou relation durant l'exécution d'une phase i de l'étape de conception implique d'exécuter les i-1 phases précédentes pour répercuter cette création à toutes les phases.

Ce modèle en fontaine permet d'adopter une démarche de conception incrémentale et itérative : en effet, le concepteur peut :

- être amené à définir de nouvelles classes ou relations qui simplifient la conception du système de formation multimédia ;

- itérer plusieurs fois une même phase de conception en fonction du niveau de détail, de cohérence et de complétude avec laquelle il exécute cette phase à chaque itération. En effet, à chaque itération, les modèles sont affinés sans remettre en cause les modélisations des itérations précédentes.

 

Figure II.4.2 : Le modèle en fontaine de la démarche générale de l'étape de conception de COSYf

2.2 La Présentation du Niveau Local

Notre démarche ne couvre donc qu'une étape du cycle de vie qui est l'étape de conception. Notre étape de conception se divise en cinq phases :

Phase 1 : Enumération des objets

Cette phase a pour but de répertorier les différents objets issus de l'étape d'analyse. Ces objets sont soit des classes issues de l'étape d'analyse, soit des classes issues de métaclasses COSYf, soit des objets non regroupés en classes qui proviennent principalement de l'analyse des connaissances éducatives ;

 

Phase 2 : Etude générale des classes

Cette phase a pour but de définir le schéma de chaque classe composite, c'est-à-dire les attributs et les méthodes. Cette phase permet donc de définir d'une part, à travers les attributs, les liens de compositions avec les relations composite-composants de chaque classes composite et d'autre part le comportement de chaque classe avec les relations inter-composants.

Phase 3 : Etude détaillée des classes

Cette phase a pour but de définir complètement chaque classe grâce à la prise en compte, notamment, des différentes contraintes à l'aide des concepts de notre modéle orienté objet COSYf.

Phase 4 : Définition des instances

Cette phase a pour but de définir les différentes instances des classes qui constituent le système de formation multimédia.

Phase 5 : Validation

Cette phase a pour but de valider l'ensemble du schéma de classes du système de formation multimédia.

D'une manière générale, les différents concepts des modèles sont construits à l'aide des formalismes graphiques. Les formalismes textuels ne sont entièrement définis qu'à l'issue de la phase 3. Parmi tous les diagrammes définis dans COSYf, seule l'utilisation du diagramme d'un schéma de classes est laissé au libre choix du concepteur puisque non imposé dans aucune des phases de la conception. En effet, le concepteur peut décider de définir un tel diagramme à tout moment de la conception. Sa construction peut soit servir directement à la conception, soit être adjointe au dossier de conception pour faciliter l'appréhension du système de formation multimédia à concevoir par l'équipe chargé de l'implantation.

Dans la section suivante, nous allons détailler chacune de ces phases. Pour les illustrer, nous allons nous placer dans le cas d'une formation dans le domaine de l'électrotechnique. Le prototype de système de formation multimédia est présenté dans la partie III. La démarche complète pour concevoir ce prototype est décrite en annexes (cf. Annexes, § 5.). De ce fait, nous faisons référence à des passages et à des figures de la partie annexes pour illustrer chacune des phases de l'étape de conception.

 

3. Les phases de l'etape de conception

La souplesse fournie par le modèle en fontaine de notre démarche, laisse au concepteur une certaine liberté dans l'élaboration du schéma de classes du système de formation multimédia à concevoir. Ainsi, le concepteur peut adopter différentes approches de la démarche en fonction, par exemple, de ses objectifs de validation. En effet, le concepteur peut décider de valider, dans un premier temps, soit un ensemble minimal mais complet de classes, soit l'ensemble des classes décrites au minimum avant de poursuivre la conception. Ces différentes approches reviennent à :

- exécuter les différentes phases sur un noyau minimal de classes pertinentes avec une description la plus détaillée possible de chaque classe ;

- exécuter les différentes phases sur l'ensemble des classes, mais avec une description minimale de chaque classe.

Ces approches ne sont données qu'à titre d'exemple. Le concepteur peut adopter n'importe qu'elle autre approche personnelle. Mais cette souplesse du modèle en fontaine contraint néanmoins le concepteur à respecter la règle principale du modèle :

toute modification faite à une phase donnée oblige le concepteur à exécuter toutes les phases supérieures à cette phase.

Par contre, le contenu de chaque phase est identique quelle que soit l'approche adoptée.

3.1 Phase 1 : Enumération des Objets

Dans l'étape de conception, cette phase est réduite au minimum puisque cette phase est à la frontière entre l'étape d'analyse et l'étape de conception. En effet, elle reprend l'intégralité du dossier d'analyse qui est le document final de l'étape d'analyse précédente.

L'objectif est de répertorier et de modéliser, à l'aide des modèles COSYf, les différents objets issus de l'étape d'analyse afin d'uniformiser la conception. Ces objets peuvent être :

- des classes issues de l'analyse orientée objet ;

- des classes que le concepteur doit définir à partir des métaclasses pré-définies des modèles orientés objet COSYf ;

- des instances des classes issues de l'analyse orientée objet. En effet, ce sont principalement ces objets qui ont permis de définir les classes lors de l'étape d'analyse. La majorité de ces objets qui proviennent principalement de la phase d'analyse des connaissances éducatives est utilisée lors de la phase 4 de définition des instances ;

- des objets qui n'ont pas encore été regroupés en classes lors de l'étape d'analyse. Ces objets proviennent également principalement de la phase d'analyse des connaissances éducatives. Nous modélisons ces différents objets à l'aide des modèles COSYf. Ces objets qui correspondent à des connaissances éducatives de type dynamique vont être utilisées lors de la phase 4 de définition des instances.

Remarque :

Tous les objets issus de l'étape d'analyse peuvent être partiellement définis. Ce n'est qu'à l'issue de l'étape de conception qu'ils ne seront entièrement définis. Par exemple le type de média utilisé peut ne pas être précisé. En effet, l'étape d'analyse des connaissances éducatives peut n'extraire seulement que les connaissances relatives au domaine, aux différents experts sans pour autant définir la forme qu'elles prendront dans le système de formation multimédia. Nous pensons que cela relève de la compétence d'un médiatiseur. Cette compétence intervient notamment dans la phase suivante portant sur l'étude générale des classes. Nous reviendrons sur cette compétence de médiatiseur dans les perspectives de cette thèse avec la spécification d'un Atelier de Génie Didacticiel Multimédia (cf. Conclusion, § 2.1).

 

Comme cette phase ne correspond à aucun modèle précis, aucun formalisme graphique ne lui est spécifiquement dédié. Pour cela, le concepteur peut utiliser les formalismes graphiques simples ou complets des classes.

3.1.1 Les Classes Issues de l'Etape d'Analyse

Les classes issues de l'analyse peuvent être énumérées de façon simple ou de façon plus complète. La majorité de ces classes provient principalement de la phase d'analyse des connaissances éducatives lors de l'étape d'analyse (cf. Annexes, § 5.1.1). Ces classes sont relatives aux connaissances statiques (cf. Chapitre 3, § 2.2) et aux connaissances dynamiques de type procédural (cf. Chapitre 3, § 2.3), c'est-à-dire qu'elles modélisent les différents concepts du domaine.

 

3.1.2 Les Classes Issues des Métaclasses COSYf

L'objectif de cette phase d'énumération est de définir un maximum de classes afin d'avoir le minimum de retour en arrière pour définir de nouvelles classes lors des phases supérieures. Le concepteur ne fait que créer les classes sans se préoccuper de définir les attributs et les méthodes. En effet, ce n'est que lors de l'exécution de la phase 2 que le schéma de chaque classe est complété. Ainsi, le concepteur ne crée et n'utilise que les classes qui lui sont nécessaires à la modélisation du système de formation multimédia.

Les différentes classes (cf. Annexes, § 5.1.2) à définir sont :

- les classes de base issues des métaclasses Primitive, Médiatique et Interactive (cf. Chapitre 1) ;

- les classes issues des métaclasses du modèle de contraintes (cf. Chapitre 2) ;

- les classes issues des métaclasses du modèle d'hyperstructure éducative (cf. Chapitre 3) ;

- les nouvelles classes issues des différentes métaclasses en fonction de besoins plus spécifiques exprimés lors de l'étape d'analyse.

Il peut ainsi créer ces différentes classes en définissant :

- soit de nouvelles instances de métaclasses si ces instances n'ont pas d'attributs ou de méthodes non définis dans la métaclasse dont elles sont issues ;

- soit de nouvelles classes à partir de métaclasses si ces classes nécessitent de nouveaux attributs ou méthodes non définis dans les métaclasses.

Le concepteur instancie également les différentes classes relatives au modèle d'hyperstructure éducative, c'est-à-dire les classes de noeuds, de liens, d'apprenant et d'hyperstructure éducative.

3.1.3 Les Instances des Classes Issues de l'Etape d'Analyse

Ces instances sont les objets qui ont permis lors de l'étape d'analyse de définir les différentes classes (cf. Annexes, § 5.1.3). La majorité de ces instances provient principalement de la phase d'analyse des connaissances éducatives lors de l'étape d'analyse. Ces instances sont relatives aux connaissances statiques (cf. Chapitre 3, § 2.2) et aux connaissances dynamiques de type procédural (cf. Chapitre 3, § 2.3), c'est-à-dire qu'elles modélisent les différents concepts du domaine.

Ces instances ont évidemment la même structure et le même comportement que les classes (cf. § 3.1.1) qu'elles ont permis de définir. Même si les classes issues de l'étape d'analyse sont modifiées au cours des phases 2 ou 3 de l'étape de conception, les instances, elles ne le sont pas. Ainsi, la définition des instances, lors de la phase 4, reprendra les valeurs de ces intances.

3.1.4 Les Objets Non Regroupés en Classes

L'étape d'analyse peut également dégager d'autres objets correspondant à des connaissances éducatives (cf. Chapitre 3, § 2.). Les seuls objets non regroupés en classes sont principalement des connaissances dynamiques de type déclaratif. Ces connaissances expriment soit des relations entre les différents concepts du domaine, soit des stratégies de contrôle du raisonnement (cf. Chapitre 3, § 2.4). En effet, les autres connaissances éducatives ont été prises en compte par les instances précédentes (cf. § 3.1.3).

Tous ces objets vont être utilisés lors de la phase 4 de définition des instances (cf. § 3.4).

Comme nous modélisons ces connaissances à l'aide de la métaclasse Règle (cf. Chapitre 3, § 2.4), ces objets non classifiés sont représentés par des instances d'une classe de règles propre au système de formation multimédia à concevoir (cf. Annexes, § 5.1.4).

 

L'objectif des deux phases suivantes est de formaliser les différents objets répertoriés dans cette phase d'énumération des objets à l'aide des formalismes des modéles orientés objet (de base, contraintes, hyperstructure éducative) de COSYf.

3.2 Phase 2 : Etude Générale des Classes

Cette phase a pour but de définir les attributs et les méthodes de chaque classe composite. Le nombre d'itérations de cette phase dépend du niveau de détail de la description des classes issues de la phase précédente. En effet, pour chaque classe le concepteur part du niveau de description de la phase 1 puis itère cette phase 2 jusqu'à obtenir le schémal le plus complet.

Concrètement, le concepteur part du formalisme graphique de chaque schéma de classe composite puis les complète avec les différents attributs et méthodes spécifiques à chaque classe. Cette phase doit donc lui permettre de définir :

- l'ensemble des attributs et leur classe de définition (cf. Annexes, § 5.2.1), c'est-à-dire l'ensemble des liens de composition entre classes composites et classes composantes en spécifiant chaque type de lien de composition. Pour cela, le concepteur utilise les diagrammes des liens de composition et les formalismes graphiques des schémas complets de chaque classe ;

- l'ensemble des méthodes de chaque classe (cf. Annexes, § 5.2.2). Pour cela, le concepteur utilise les diagrammes de comportement pour les différentes classes ;

- l'ensemble des relations inter-composants (cf. Annexes, § 5.2.3). Pour cela, le concepteur complète le diagramme du comportement des différentes classes avec les relations inter-composants.

Le concepteur utilise donc dans un premier temps les formalismes graphiques des schémas complets des classes. A partir de ces formalismes graphiques, il doit définir le formalisme textuel de chaque classe. L'utilisation d'outils lors de cette phase permettrait de générer la quasi-intégralité du formalisme textuel des classes à partir des formalismes graphiques. Il complète alors ce formalisme textuel de chaque classe par la description du corps des différentes méthodes.

Comme le formalisme textuel ne permet pas d'exprimer les relations composite-composants et inter-composants, le concepteur doit obligatoirement utiliser le formalisme graphique, c'est-à-dire les diagrammes des liens de composition et de comportement. Le corps des méthodes qui doivent prendre en compte des contraintes d'intégrité spécifiques ou liées aux relations composite-composants ou inter-composants ne peuvent être complètement décrites qu'à l'issue de l'exécution de la phase suivante sur l'étude détaillée des classes.

Une fois les attributs et les liens de composition définis, le concepteur peut définir les méthodes à l'aide du diagramme de comportement. Nous pouvons remarquer que ce diagramme peut facilement devenir illisible, ce qui est à l'opposé de l'objectif d'un formalisme graphique. En fait, les liens des méthodes de ce diagramme de comportement ne sont conçus que pour les méthodes faisant intervenir des relations inter-composants.

Lors de cette phase, le concepteur définit également les attributs et les méthodes des classes issues des métaclasses crées lors de la phase précédente.

A partir de cette itération de la phase 2, le concepteur peut en déduire le formalisme textuel partiel des classes.

 

3.3 Phase 3 : Etude Détaillée des Classes

L'objectif principal de cette phase est de compléter la définition de chaque classe en intégrant notamment toutes les contraintes d'intégrité. Les principales contraintes d'intégrité sont celles liées aux différentes relations composite-composants et inter-composants définies lors de l'exécution de la phase précédente. En effet, toutes ces contraintes ont été spécifiées lors de la définition des différents diagrammes des liens de composition et des diagrammes de comportement des classes.

Cette étude détaillée des classes comporte trois étapes successives :

- Etape 1 : elle consiste à vérifier que toutes les classes de contraintes nécessaires à l'expression des différentes contraintes ont été définies lors de l'exécution de la phase 1 (cf. Annexes, § 5.3.1). Si ce n'est pas le cas, le concepteur peut :

- soit de nouveau exécuter la phase 1 afin de créer les différentes classes de contraintes manquantes à partir des métaclasses de contraintes ;

- soit créer une classe de contraintes spécifique qui hérite de la métaclasse Contrainte. Il doit alors définir, lors de l'exécution de la phase 2, les composantes Condition et Action de cette nouvelle classe de contrainte (cf. Chapitre 2, § 3.3). En effet, alors que les autres métaclasses de contraintes ont leur comportement défini, la métaclasse Contrainte n'a pas de comportement spécifique ;

- Etape 2 : elle consiste à établir les différents liens d'héritage entre les classes composites et les classes de contraintes. Les premiers liens d'héritage ont été établis lors de l'exécution de la phase d'énumération des objets pour notamment créer certaines classes issues de métaclasses COSYf (cf. § 3.1.2). La définition de ces liens d'héritage permet ainsi de préciser encore plus par rapport à la phase précédente quels sont les attributs et les méthodes disponibles au niveau de chaque classe.

- Etape 3 : elle consiste à définir complètement le comportement de chaque classe à l'aide du formalisme textuel, c'est-à-dire décrire complètement toutes les méthodes de chaque classe (cf. Annexes, § 5.3.2).

Cette phase s'arrète lorsqu'il n'y a plus de découverte de nouvelles classes ou relations, c'est-à-dire lorque toutes les classes et les relations qui assurent la pertinence du système de formation multimédia ont été définies.

 

3.4 Phase 4 : Définition des Instances

Cette dernière phase consiste à définir les instances des différentes classes qui constituent le système de formation multimédia. Les valeurs d'une partie de ces différentes instances correspondent aux instances des classes issues de l'étape d'analyse (cf. § 3.1.3) et aux objets non regroupés en classes (cf. § 3.1.4) qui sont répertoriés lors de l'exécution de la phase 1, c'est-à-dire principalement des connaissances éducatives.

Pour chacunes des connaissances éducatives, le concepteur va utiliser des classes spécifiques du modèle COSYf afin de créer les différentes instances.

Pour cela, le concepteur doit respecter un ordre qui est de définir respectivement les instances des classes suivantes :

- les classes de documents multimédias : elles sont définies à l'aide du modèle de contraintes COSYf. Pour chaque concept du domaine de formation il faut définir au minimum une instance d'une classe de document multimédia (cf. Annexes, § 5.4.1). Une partie des valeurs de ces instances correspond aux valeurs des instances des classes issues de l'étape d'analyse (cf. § 3.1.3) ;

- les classes de noeuds : pour chaque instance d'une classe de document multimédia il faut définir une instance d'une classe de noeud de l'hyperstructure éducative (cf. Annexes, § 5.4.2) ;

- les classes de liens dépendants et indépendants : pour chaque connaissance dynamique de type déclaratif qui vérifie soi l'axiome 1 (cf. Chapitre 3, § 3.2.3.1), soit l'axiome 2 (cf. Chapitre 3, § 3.2.3.2), il faut au minimum créer une instance soit de la classe Lien Dépendant, soit de la classe Lien Indépendant (cf. Annexes, § 5.4.3). Dans le cas de la création d'une instance de la classe Lien Dépendant Visible, il est nécessaire de créer une instance de la classe Point d'Ancrage ;

- les classes de liens stratégiques : pour chaque connaissance dynamique de type déclaratif du niveau Stratégique qui vérifie l'axiome 5 (cf. Chapitre 3, § 3.2.3.3), il faut au minimum créer une instance soit de la classe Pédagogique, soit de la classe Stratégique (cf. Annexes, § 5.4.4) ;

- les classes complémentaires : en dehors de ces connaissances éducatives qui constituent la majeure partie des instances, le concepteur crée, si nécessaires, des instances complémentaires à partir des classes du schéma conceptuel du système de formation multimédia définies lors des phases précédentes.

3.5 Phase 5 : Validation

La phase de validation consiste à vérifier le schéma conceptuel du système de formation multimédia d'une part en assurant les contrôles de validité à l'aide des différentes règles de cohérence et de complétude associées aux modèles et aux formalismes définies tout au long de cette partie, et d'autre part, vis-à-vis des différents acteurs de la formation, c'est-à-dire les experts (du domaine, pédagogique, etc.) et des acteurs des différentes entités liées à la formation.

4. Conclusion

L'intérêt du modèle en fontaine sur lequel est fondé notre démarche est lié à sa souplesse d'utilisation qui fournit une grande liberté au concepteur. Cet avantage l'est encore plus, si la démarche globale, c'est-à-dire le cycle de vie dans sa globalité de l'étape d'analyse à l'étape d'implantation et de recette, l'adopte également. Ce modèle de démarche en fontaine prend toute sa valeur lorsqu'il est associé à une modélisation orientée objet. Ainsi, prenons l'exemple d'un concepteur qui désire élaborer un prototype du système de formation multimédia à concevoir. Le concepteur peut alors exécuter tout le cycle de vie, de l'analyse à l'implantation, du système de formation multimédia sur un noyau minimal d'objets pertinents. L'avantage du modéle orienté objet est de permettre que les objets soient partiellement conçus. Le concepteur peut alors faire valider, à travers ce prototype, le noyau du futur système de formation multimédia. Une fois le système validé, il suffit d'exécuter de nouveau les différentes étapes.

La démarche de la méthode COSYf concerne donc l'étape de conception. Cette étape est scindée en différentes phases. Le processus qui est incrémentiel et itératif permet de définir l'ensemble des instances constituant le système de formation multimédia. Il nous apparaît évident que le nombre de cycles nécessaires à l'obtention de l'ensemble des instances dépend à la fois de la complexité du domaine de formation et de l'aptitude du concepteur à utiliser la méthode COSYf. Cette efficacité passe obligatoirement par l'utilisation d'outils. En effet, nos modèles, nos formalismes et notre démarche ont été définis dans le seul but d'être intégrés à un Atelier de Génie Didacticiel Multimédia et non d'être utilisés tels quels.



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